"Cette vérité me conduit à la démence
Je sais que je peux arrêter la souffrance si j'envoie tout valser au loin...si j'envoie tout valser au loin"
Whisper de Evanescence
Je fus réveillée que peu de temps après ma virée nocturne, à cause d'un rêve ou plutôt d'un cauchemar, comme de nombreuses nuits maintenant, dont je ne me rappelle que rarement bien que la seule chose dont je me rappelle est que je fais toujours le même. Je me levai donc et me préparai dans le but d'aller travailler malgré la mauvaise humeur qu'à éveillée mon cauchemar durant ma courte nuit. Mais j'essayai tout de même de me calmer un peu en prenant une douche histoire de me faire oublier ne serait-ce qu'un peu cette mauvaise nuit, pour ne pas avoir dans la matinée à m'énerver sur une élève innocente. Je n'ai pas précisé que j'étais professeur dans un lycée pour filles.
Arrivée au lycée, je me dirigeai vers la salle de classe quand une collègue m'apprit la venue d'une nouvelle élève au sein de l'établissement et qu'elle ferait partie de la classe dont je m'occupais. Je ne lui posai pas de questions et continuai mon chemin sachant très bien que mes élèves ne s'embêteraient pas à m'attendre dehors par ce froid presque inhabituelle ces temps-ci. Je les retrouvai donc, ouvrai la salle, entrai suivie de près par tout le monde –dont la moitié n'était que peu ravie d'avoir à passer plusieurs heures assise dans la même pièce, mais que j'essayais néanmoins chaque jours de les intéresser par mes cours qui n'étaient pas des plus ennuyeux j'avoue- et m'installai pendant que mes élèves s'installaient un peu bruyamment en sortant leurs affaires et en se racontant des anecdotes de ce week-end ou des choses parfois totalement inintéressantes. Je leur demandai de s'asseoir et le cours commençait.
Une vingtaine de minutes après, la principale frappa à la porte et entrait tandis que mes élèves se levaient, en attendant qu'elle leur demande de se rasseoir. Ce qu'elle ne tarda pas à faire et elle s'approche de moi en me précisant la raison de sa venue bien que je la connaissais déjà, puis elle sorti pour retourner dans son bureau pendant que la nouvelle entrait dans le pièce. Je ne saurais vous dire ce que j'ai ressentis à cet instant précis, mon c½ur loupa un battement dans ma poitrine et durant un instant je m'arrêtai de respirer sans m'en apercevoir. Elle se tenait la au pas de la porte, avec ce même regard glacé, bleu clair. Elle s'approcha du bureau, mon esprit se libérait de cet état second que j'espérai ne pas avoir fait remarquer à tout le monde présent dans la classe. Je lui demandai alors en me gardant de ne pas montrer mon trouble, de se présenter à tout le monde, ce qu'elle fit tout de suite.
Je ne perdais pas une miette de ce qu'elle disait sur elle pendant que discrètement, j'observai comment elle se comportait, sa façon de parler, et laissai mes yeux se balader sur elle. Mon regard se promenait sur son visage dont les traits étaient très fins, de ses yeux que je pouvais voir de temps à autre, jusqu'à ses lèvres qui me semblaient, d'où j'étais, très douces, puis continuait un peu plus bas et mon regard se fit insistant au niveau du cou. Ce n'était pas l'envie de goûter son sang, c'était bien autre chose, je voyais ce cou où –s'il n'y avait personne d'autre qu'elle et moi dans la pièce et au risque de vite être repoussée- je m'imaginai déposer de tendres baisers, en laissant vagabonder mes mains dans ses courts cheveux noirs.
Je dus arrêter là ma contemplation lorsqu'elle eu fini de parler. Je le vis chercher une place libre du regard. Elle avait le choix entre 3 places une à l'autre bout de la salle, une près de la fenêtre –qui est souvent une place appréciée pour rêvasser pendant un cours aux effets trop soporifiques, en regardant le ciel qu'importe son état, n'allons pas dire l'inverse on a tous fait ça durant nos année de lycée- et une devant moi. Elle alla s'installer comme je le pensais près de la fenêtre, sorti quelques affaires, posa son coude sur la table, sa tête sur sa main et regarda dehors. Je voyais parfois son regard se poser sur moi, ne voyant plus cette peur que j'avais remarquée la veille, mais plutôt une certaine assurance. Lorsqu'elle m'étudiait du regard comme elle le faisait je me sentais de temps en temps en mal à l'aise mais aussi flattée de voir que je ne lui étais peut-être pas indifférente.
La journée passa tranquillement et à l'heure de la sonnerie, je rangeai tranquillement mes affaires pendant que mes élèves, elles, se dépêchaient pour pouvoir enfin se retrouver dehors. Je la vis se lever tranquillement, ne semblant pas pressée de rentrer chez elle, puis elle se dirigea vers le porte et avant de sortir m'adressa un petit sourire. Je restai quelques instants à ne rien faire puis me décidai à rentrer chez moi... J'espérai qu'elle m'adresserait la parole autrement que pour me donner des réponses à des questions de cours...
J'étais impatiente de la revoir, elle et son magnifique sourire et réentendre sa voix cassée que je trouvais secrètement sensuelle...